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Internet est de retour !

By on 20 March 2014, in Blog

Wahou. Après presque deux mois d’interruption (21 janvier → 20 mars), j’ai de nouveau internet à la maison, et donc aussi au bureau puisque je suis télé-travailleur.

La montée en débit a été un succès en ce qui me concerne : la vitesse de téléchargement intra-OVH plafonne à 16Mbit/s avec une constance qui fait plaisir à voir. Le reste d’internet a une vitesse variable, mais c’est dans tous les cas largement suffisant pour travailler.

Les fibreux riront de cette vitesse qui semble basse mais pour information, avant la MED le modem atteignait 4,1Mbit/s dans les meilleurs moments, qui n’étaient pas légion. Canéjan centre était désservi entre 512Kbit/s et 1Mbit/s. Hé oui, c’est vraiment la campagne !

Voici sous formes de notes mon retour d’expérience sur cet épisode.

La 4G chez Free

Sans accès ADSL pendant deux mois, mon premier réflexe a été de me tourner vers la 3G, car les points d’accès publics où je peux travailler (donc 6 à 10h par jour) sont trop loin de chez moi, ou impraticables pour diverses raisons.

Autant le dire tout de suite, j’ai explosé les 3Gio de fair-use en 2 jours. J’ai donc commandé un téléphone 4G (le moins cher que j’ai trouvé) pour faire modem 4G et augmenter mon fair-use à 20Gio avant de basculer sur le forfait 3G de ma femme, eventuellement en échangeant nos cartes SIM pour bénéficier de 20Gio de fair-use sur son forfait aussi.

En 3G/4G chez Free, avec laquelle j’ai été connecté à toute heure de journée pendant ces deux mois, la vitesse maximum atteignable a plafonné à 200Ko/s (à 2h30 du matin, je précise), ce qui correspond à 1,6Mbit/s. Sachant que le téléphone était connecté en H+ pleine balle avec une antenne pas très loin (donc en théorie à 42Mbit/s), ça laisse rêveur en ce qui concerne l’écart entre la publicité et la réalité.

À certains moment de la journée (entre 11h30 et 12h30 par exemple, ou en fin d’après-midi), c’était carrément inutilisable, quel que soit l’endroit (Canéjan, Gourette, Bordeaux centre à divers endroits). Et je ne parle pas de Youtube, je parle simplement d’IMAP pour vérifier mon mail et de consultation de http://1flow.io/ qui est hébergé sur un serveur en centre de données avec une connexion à 300Mbit/s.

Ah, les opérateurs…

Pendant ce temps à Vera Cruz, concernant les opérations de maintenance sur ma ligne ADSL, Orange et SFR se sont bien renvoyé la balle, très lentement, plusieurs fois, comme de vrais professionnels qui n’en ont rien à péter de leurs clients. Les points particulièrement remarquables :

  • ma connexion a été coupée plus de trois semaines avant le début de l’opération de montée en débit. OVH diagnostique, bataille un peu, mais finit par envoyer un technicien qui constate que tout va bien chez moi. Forward à Orange, qui statue : « il y a une opération de MED qui doit débuter dans deux jours, nous ne ferons riens tant qu’elle n’est pas terminée.  ». Wahou. Merci ! Trop classe.

  • Puis sur la fin de l’affaire (nous sommes 3 semaines après la date officielle de fin de MED, confirmée par la mairie), Orange a organisé une expertise contradictoire avec SFR pour laquelle je dois être présent sur site pour donner tout accès au techniciens (donc là je dois me débrouiller parce que la date n’est pas modifiable sous peine de prendre 3 semaines dans la vue). Cool, enfin ça va bouger. Ha mais non : la veille après-midi, Orange annule l’expertise pour cause de dépassement de temps entre deux signalisations.

Quand on sait que c’est Orange qui a demandé l’expertise et en a fixé la date, ça fait sourire de savoir que le personnel ne respecte pas ses propres procédures… Ou s’en sert comme ça l’arrange pour ennuyer les autres opérateurs et ses clients.

Finalement, l’intervention décisive (unilatérale, par Orange uniquement) a été réalisée du jour au lendemain et a résolu le problème en moins d’une heure… Au bout de deux mois. Impressionnant !

Le suivi par OVH

Le suivi d’OVH a été chaotique les deux premières semaines (lenteur à déclencher un ticket chez l’opérateur historique, lenteurs à me répondre, limite à me prendre pour un idiot ; le service commercial était compréhensif, le service technique pas du tout).

Puis il a été exemplaire pendant tout le reste de l’affaire : envoi d’un technicien d’un jour sur l’autre, suivi quotidien très réactif, explications claires de la situation et du fonctionnement interne avec l’opérateur de collecte.

J’ai même eu droit à des excuses par le service technique pour les lenteurs de résolution pendant les deux dernières semaines, alors qu’au début de l’opération le mot empathie était carrément hors-champ.

Lorsque la MED a été effective, il m’a été demandé de faire une demande de déménagement de ma ligne pour la “recabler” automatiquement. J’ai protesté, arguant que je n’avais rien demandé et que l’opération devait être transparente pour les clients. Le technicien a eu alors la gentillesse de préparer le bon de commande et un maximum d’actions pour que je n’aie plus qu’à les valider. C’est dommage que j’ai eu besoin de pester comme un putoix pour y arriver, mais le résultat a été une migration presque transparente, pour le coup.

Coût de l’opération

Alors il y a d’abord un demi-bras puisque j’ai du acheter un téléphone 4G pour augmenter mon fair-use chez Free (le moins cher est à 220€ FDPin et c’est celui-ci que j’ai pris).

J’ajoute tout le temps perdu avec des latences détestables (oscillant entre 5 et 20sec par moments, indépendament du débit…) et de requêtes DNS d’une lenteur à pleurer. Ceci m’a énormément ralenti dans mon travail, quand ça ne m’a pas empêché de travailler (connexions à distance impossibles, abandon en cours d’opération suite à crash répété de connexions…).

En passant, heureusement que Free propose un fair-use à 20Go. Sans ça, j’étais mort (obligé de me taper 2h par jour de transport pour aller bosser dans des endroits correctement connectés, tout en n’ayant plus l’accès physique à ma station de travail et aux autres facilités de mon bureau).

Le plus rageant, c’est d’avoir été forcé à acheter un téléphone 4G pour obtenir une vitesse de connexion en pratique moins rapide que la 3G : c’est de l’abus de position dominante (ou du foutage de gueule, à vous de voir). Free aurait pu simplement pousser le fair-use à 20Gio sans obliger les clients à upgrader les téléphones.

Effets de bord et coûts supplémentaires

À cause du changement de téléphone, j’ai du passer sous Android (le moins cher n’est pas un iPhone, ça vous étonne ?). Je n’ai bien évidemment pas renouvellé toutes les applications que j’avais sur iPhone, mais il m’a fallu un certain temps pour retrouver un smartphone utilisable (calendriers partagés avec ma femme, gestion de la batterie erratique), sans compter le temps d’adaptation.

Même si ce n’est pas énorme grâce à mon côté technophile, ce n’est pas négligeable pour autant. Je pense notamment au temps de sauvegarde et restauration des clefs de chacun des services de Google Authenticator, qui doivent être migrés un par un…

Comptons encore quelques dizaines d’euros supplémentaires pour des applications indispensables, comme celles necessaires à la synchronisation iCloud…

Autant je ne regrette pas d’avoir passé du temps à découvrir Android, autant d’avoir été forcé à le faire dans une situation déjà fortement dégradée, c’est pas idéal.

Consommation de bande passante internet

En termes de consommation et d’utilisation d’internet, j’ai du drastiquement me restreindre — à 1Go par jour — pendant deux mois. Pour information, depuis que la connexion est revenue et que j’ai retrouvé une utilisation « normale », j’ai consommé presque 10Go en une demi-journée.

Et seulement avec des utilisations légales (installation de 1flow, lecture et radio sur internet, recherches pour peaufiner la configuration de mon portable et installation/tests d’applications, récupération et envoi de code pour participation à des projets open source, téléchargement de PDF sur les dépenses énergétiques mondiales, mises à jour de mes différentes machines).

J’avais certaines actions en retard (notamment le serveur de maison qui a du télécharger 450Mo de mises à jour de sécurité), mais globalement je m’aperçois que je suis un assez gros consommateur. Pourtant, mon utilisation de Youtube et autres dailymotion est proche de zéro.

La bonne surprise

Un bon point particulier au service informatique de la mairie de Canéjan — que j’aurais dû aller voir bien plus tôt — qui m’a obtenu un code wifi pour avoir accès à internet à la médiathèque et me permettre de travailler.

Je m’en serai finalement peu servi, mais je constate qu’entre le moment où je suis allé plaider ma cause à la mairie et la fin de l’opération, seulement 4 jours se sont écoulés. Y-a-t-il un lien, sachant que le personnel de la mairie est attaché et très actif pour la réussite de cette montée en débit ? Je ne sais pas encore.

L’expérience globale a été, il faut bien le dire, une épreuve. En télé-travail sans internet en banlieue, c’est un calvaire. Le premier cyber-café est à 30 minutes de voiture, le premier co-working à une heure de voiture+tram…

En fait je n’étais pas « sans internet », puisque j’avais une connexion sous-3G, mais celle-ci était tellement instable et imprévisible que je me demande si une absence totale de connexion n’aurait pas été mieux, car elle m’aurait forcé à m’organiser différemment.

En termes de coût, je pense que ça aurait pareil ou pire. Le supplément de carburant, le temps passé dans les transports… Autant de choses qui de toutes manières ne seront pas remboursées par Orange, ni SFR. Je ne parle pas d’OVH, qui va à priori me rembourser mes abonnements pour les deux mois, et qui n’y est absolument pour rien dans cette affaire.

Note pour plus tard : plus il y a d’opérateurs, plus c’est le bordel, tout de même.

Je ne suis pas faché que tout soit rentré dans l’ordre.